Daniel Turner | Les Abeilles de l´Invisible
Musée des arts contemporains Grand-Hornu, Grand-Hornu, Belgium | 29.9.2019–12.1.2020
Bringing together a dozen contemporary artists from different horizons, Les Abeilles de l'Invisible examines the theme of transformation from visible into invisible through intuitive, mystical thought.

Defined in philosophy as “spiritual sympathy” which transports us inside things, the intuitive view differs from traditional perspective in that it involves not standing facing the world, but being within it. By adopting such a contrasting stance, these artists not so much create their works as “discover” them, in the archeological sense of the term.

Taken from a letter in which the poet Rainer Maria Rilke compared his work to that of bees, the show’s title refers to this striking image of the studio as a “hive”, a hermetic, private, space for creation.

Inspired by Chambre des pensées (Thought Room), a sculpture-habitat by Thierry De Cordier which evokes, according to one’s imagination, a skull, a stomach, a jardiniere or even the poet’s hive, the path of the exhibition connects the mental spaces of the various artists who, like Ricardo Brey, Jean-Marie Bytebier, Fabrice Samyn, Sarkis, Daniel Turner, José María Sicilia, Maurice Blaussyld and others, make up this universal community of Les Abeilles de l'Invisible.
Inspirée par une métaphore de Rainer Maria Rilke qui rappelait la dimensionspirituelle de la poésie et par la Chambre des pensées de Thierry De Cordier,l’exposition réunit les oeuvres d’une dizaine d’artistes contemporains autour du vaste thème de l’invisible.

Le choix du commissaire s’est porté en premier sur des pièces inspiréesdirectement par la pensée mythologique ou mystique, comme les dessinsque Ricardo Brey a consacrés récemment à L’Enfer de Dante, ou encore lesreliquaires en cire dans lesquels le peintre José Maria Sicilia enchâsse despages manuscrites du Cantique Spirituel du poète mystique espagnol saintJean de la Croix. Parce qu’elle illustre cette recherche de la spiritualité à travers la transformation des métaux, l’alchimie est encore une référence commune à plusieurs oeuvres présentées, à l’instar des sculptures que l’artiste Daniel Turner produit en réduisant en limaille des équipements industriels, ou des tableaux plus chamaniques que le peintre Jean-Pierre Bertrand fabrique en amalgamant ses pigments à du miel, du sel ou du citron. Incarnée par une sculpture en cire de Mario Merz acquise par le MAC’s, la pensée de Joseph Beuys et son utopie du « retour à une nature réenchantée » ne sont pas loin, comme en témoignent ailleurs les sublimes« aquarelles dans l’eau » de Sarkis, artiste pionnier qui fut l’un des premiers à reconnaître en France la démarche révolutionnaire de l’artiste allemand.

Plus largement, c’est aux origines de l’image que remontent ces artistesentièrement voués au spirituel, comme en témoignent les icônes de FabriceSamyn ou les archétypes de Maurice Blaussyld, comme la croix.

Enfin, l’exposition aurait été inconcevable sans aborder les inextricablesliens entre le visible et l’invisible que tisse, depuis toujours, la peinture etdont témoignent dans l’exposition les paysages clairs-obscurs de Jean-MarieBytebier ainsi que les vidéos-tableaux d’Angel Vergara.